Le jazz, une musique qui rassemble et un remède en temps de crise
S’adressant à
Evgeniya Kleshcheva d'ONU Info, Maria Semushkina – entrepreneure culturelle,
productrice et fondatrice du festival Usadba Jazz, en Russie, –estime que le
jazz demeure un outil essentiel de progrès social.
De la discrimination
au dialogue
Aujourd’hui, le jazz
résonne bien au-delà des salles de concert, comme un langage universel capable
de rassembler les peuples, même en période de conflit et de divisions
politiques. Son histoire remonte à la fin du XIXe et au début du XXe siècle et
est étroitement liée à la culture afro-américaine et à l’expérience de
l’oppression. Les racines du jazz plongent dans les rythmes et les chants des
travailleurs des plantations de Louisiane, pour qui la musique est devenue un
moyen d’exprimer la douleur, l’espoir et un désir ardent de liberté.
« C’est une musique
née dans des conditions très difficiles et porteuse d’un message pour la
société », affirme Mme Semushkina.
Le jazz s’est
développé parallèlement à d’importants bouleversements sociaux et politiques,
notamment la ségrégation raciale aux États-Unis, où les musiciens noirs
n’étaient pas autorisés à se produire sur les mêmes scènes que les artistes
blancs. Pourtant, le jazz est devenu l'un des premiers espaces culturels où ces
barrières ont commencé à s'estomper.
« Des groupes se sont
formés où l'identité des musiciens importait peu ; ce qui comptait, c'était
l'harmonie et l'écoute mutuelle », remarque l'entrepreneure culturelle.
L'improvisation,
caractéristique essentielle du jazz, exige à la fois liberté et profonde
compréhension mutuelle entre les musiciens. Le jazz devient ainsi une métaphore
du dialogue et, plus largement, un modèle de société où différentes voix
peuvent coexister et interagir.
Source : Onu Infos

