Figure essentielle de l’Art déco, Jean Dupas à l’honneur d’une exposition à Bordeaux
Le musée des
Beaux-Arts de Bordeaux met en lumière l’un des fers de lance du mouvement Art
déco, le peintre décorateur Jean Dupas (1882–1964). Davantage qu’une simple
rétrospective, c’est un parcours aussi érudit que vivant sur l’époque des
Années folles et, plus singulièrement, sur le vivier créatif de Bordeaux. Vous
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Qui a dit que l’Art
déco était l’apanage de Paris ? Il est vrai que le centenaire de
l’Exposition des arts décoratifs et industriels a été célébré en fanfare dans
la capitale en 2025. Mais ce serait oublier que parmi tous les artistes
décorateurs qui ont fait les belles heures de cet art total dans les Années
folles, l’un des plus reconnus en son temps, qui a participé à la décoration de
quatre pavillons de la fameuse exposition fondatrice du mouvement, était
bordelais. Le musée des Beaux-Arts de la ville du sud-ouest (MusBA) lui
consacre sa première rétrospective depuis sa mort.« Jean Dupas était
considéré comme un véritable chef d’école à l’échelle nationale en son
temps », rappelle Margaux Wymbs, conservatrice au MusBA et commissaire de
l’exposition. « Il est un de ces nombreux artistes de l’entre-deux, qui ne
se retrouvent pas dans l’avant-garde mais entendent renouveler l’académisme ».
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Des visions riches en
fantaisiesDans une exposition à la médiation soignée, on découvre le parcours
d’un étudiant assidu de l’École des beaux-arts de Bordeaux. Prix de Rome en
1910, il devient pensionnaire de la Ville Médicis, siège de l’Académie de
France à Rome, où il restera jusqu’en 1920 – avec une interruption pour
mobilisation durant la Première Guerre mondiale. Tout au long de l’exposition,
les œuvres du Bordelais, pour beaucoup prêtées par des collectionneurs privés,
sont confrontées aux productions de ses contemporains : « Il ne
s’agit pas d’une exposition monographique mais bien de présenter Jean Dupas et
son entourage artistique : Dupas & Co », insiste Sophie
Barthélémy, directrice du musée.
Un parti pris
judicieux, qui offre des jalons pour mieux comprendre la sensibilité du
peintre. Selon Margaux Wymbs, « Dupas est marqué par son voyage en Italie
mais comme d’autres à son époque, il regarde plus encore que la Haute
Renaissance les trésors de l’art archaïque et des primitifs italiens du
Quattrocento ». L’Archer de 1917 dévoile un sens académique de la
composition, épurée de toute anecdote et tracée en grandes figures
géométriques.

