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Le MFA, un cas d’école pour l’État de droit

AfriqueVérité 12 Sep 2026 - 02H11 vues
Le Mouvement des forces d'Avenir est dirigé par Yaya Fofana

Le débat autour du Mouvement des Forces d’Avenir dépasse désormais la question de savoir qui peut légitimement revendiquer sa direction. Il pose une question beaucoup plus fondamentale pour notre démocratie. Quelle valeur accordons-nous réellement à la loi qui organise la vie des partis et groupements politiques en Côte d’Ivoire ? Le MFA constitue à cet égard un véritable cas d’école.

Un parti politique est une organisation juridiquement constituée. Sa naissance obéit à des règles, son fonctionnement est encadré par des textes et ses dirigeants exercent leurs responsabilités conformément à des statuts. Sa transformation, sa fusion ou sa dissolution ne peuvent donc relever uniquement d’une déclaration politique ou d’une interprétation circonstancielle. La loi doit demeurer la référence.

C’est pourquoi le débat actuel doit être débarrassé des considérations personnelles. Il ne s’agit pas de choisir entre deux hommes ni d’organiser une confrontation entre militants ou responsables politiques. Il s’agit simplement de répondre à une question de droit. Le MFA a-t-il été régulièrement dissous conformément à la législation sur les partis et groupements politiques et à ses propres statuts ?

Si la réponse est oui, les documents permettant de l’établir doivent exister. Il devrait être possible de produire la décision de l’instance compétente, la résolution adoptée, le procès-verbal correspondant ainsi que les formalités administratives accomplies. Si ces actes existent et sont réguliers, ils doivent être respectés. Mais si aucune dissolution conforme aux procédures prévues ne peut être établie, il faut également accepter les conséquences juridiques de cette situation.

C’est cela, l’État de droit. La loi ne peut être rigoureuse lorsqu’elle s’applique à certains et devenir facultative lorsqu’elle concerne d’autres. Elle ne saurait dépendre de la taille d’un parti, de son influence ou de la personnalité de ses dirigeants. Elle doit être la même pour tous. Le cas du MFA dépasse donc le MFA lui-même et rappelle une règle essentielle. L’existence juridique se constate. La dissolution se prouve.

Cette exigence protège les militants contre l’arbitraire, les dirigeants contre les contestations sans fondement, l’administration contre les interprétations politiques et la République en garantissant à tous des règles prévisibles et identiques. Le MFA ne réclame aucun traitement particulier. Il demande précisément le contraire, que la loi commune lui soit appliquée dans toute sa rigueur. Que les textes soient examinés, que les actes soient produits, que les procédures soient vérifiées et que la conclusion qui en résulte soit respectée par tous.

Cette démarche permettra ensuite de clarifier la question de la direction du parti. Mais l’ordre logique doit être respecté. Avant de demander qui dirige le MFA, il faut déterminer si le MFA existe juridiquement. Si son existence est établie, ses statuts permettront alors de déterminer quelles instances sont compétentes pour organiser sa direction et régler les éventuelles divergences internes. D’abord la loi, ensuite les statuts, enfin les hommes.

Le MFA pourrait ainsi rendre un service utile à la démocratie ivoirienne en rappelant que les partis politiques sont aussi des institutions démocratiques soumises au droit. Nous ne demandons ni privilège ni faveur, pas davantage qu’une autorité politique tranche une querelle entre personnes. Nous demandons une seule chose, le respect scrupuleux de la loi sur les partis et groupements politiques.

Si le MFA a été régulièrement dissous, que l’acte soit produit et que chacun en tire les conséquences. S’il ne l’a pas été, que la loi soit également respectée et que chacun en tire les conséquences. Car le véritable enjeu dépasse le destin d’un homme et même celui du MFA. Il est de savoir si, dans notre République, l’existence et la disparition d’un parti politique sont déterminées par les circonstances ou par le droit.

Pour nous, la réponse est claire. La loi, rien que la loi, toute la loi.

Joel Rabbi

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