CÔTE D’IVOIRE–GHANA :150 KM DE FRONTIÈRE RÉAFFIRMÉS ENTRE ABIDJAN ET ACCRA
Une frontière n’est pas seulement une ligne sur une carte.
Elle touche à la souveraineté, à la sécurité, aux échanges économiques et à la
vie quotidienne des populations. Près d’un siècle après sa matérialisation
initiale, la frontière terrestre entre la Côte d’Ivoire et le Ghana fait
l’objet d’un important travail de réaffirmation. Une première phase portant sur
150 kilomètres vient de s’achever entre les deux pays.
La cérémonie organisée le 24 septembre à Diby, dans la
sous-préfecture de Maféré, marque l’achèvement de cette première étape. Le
tronçon concerné s’étend de la borne BP55, entre Newtown au Ghana et Afforenou
en Côte d’Ivoire, jusqu’à la BP45 située entre Yaou et N’siakrom.
Au total, 78 bornes ont été construites sur ce linéaire,
dont dix principales, quatre aux points de passage et 64 intermédiaires.
Au-delà de l’opération technique, l’objectif est de rendre les limites
territoriales plus clairement identifiables et de prévenir d’éventuels
différends entre États comme entre communautés riveraines.
Le dossier possède également une forte dimension humaine. De
part et d’autre vivent des communautés liées par l’histoire, les familles et le
commerce. Mieux matérialiser la frontière ne signifie donc pas dresser une
barrière entre les populations, mais mieux organiser un espace où les
déplacements et les échanges sont anciens.
Cette clarification répond aussi à des enjeux économiques et
sécuritaires. Une frontière clairement identifiée facilite l’organisation des
points de passage, le commerce transfrontalier, la prévention des litiges
fonciers et la coordination entre administrations. Dans une région confrontée
aux trafics et à différentes formes de criminalité transfrontalière, elle
facilite également la coopération entre les services de sécurité.
Abidjan et Accra entendent poursuivre le processus. Une
deuxième phase est annoncée avant la fin de l’année 2026, tandis qu’un cadre de
coopération transfrontalière est envisagé entre le Sud-Comoé ivoirien et la
région occidentale voisine du Ghana.
L’enjeu dépasse ainsi le simple bornage. Il s’agit
progressivement de transformer la frontière en un espace mieux administré,
capable de concilier souveraineté nationale, sécurité, circulation des
personnes et développement économique local.
Ces 150 kilomètres réaffirmés illustrent finalement une
conception moderne de la frontière. Une ligne suffisamment claire pour protéger
les souverainetés, mais suffisamment organisée pour ne pas séparer des
populations que l’histoire, le commerce et la géographie continuent de
rapprocher.

