Piqûres de moustiques : voici pourquoi certaines gonflent beaucoup plus que d’autres
Chaque été, certains se réveillent avec de simples points
rouges, d’autres avec des plaques spectaculaires qui brûlent. Au cœur de ces
réactions extrêmes, un ingrédient discret de la piqûre intrigue les chercheurs.
Dans un jardin d’été, deux amis se font piquer plusieurs fois par des
moustiques. Au réveil, l’un compte à peine quelques points rouges, l’autre
affiche de gros boutons enflammés qui démangent au point de l’empêcher de
dormir. Cette différence tient moins au "caractère" de la peau qu’à
la façon dont chacun réagit à la salive du moustique.
La salive du
moustique, un cocktail qui bouscule l’immunité
Pour aspirer le sang sans être repéré, le moustique injecte
des protéines salivaires anticoagulantes et vasoactives qui fluidifient le sang
et dilatent légèrement les vaisseaux. Des travaux relayés par le site
scientifique Medical Xpress montrent que ces protéines ne se contentent pas
d’aider l’insecte à se nourrir : elles modifient l’environnement immunitaire local
en quelques minutes, en poussant la réponse vers un profil Th2, typique des
réactions allergiques. Les mastocytes, sentinelles immunitaires présentes dans
la peau, détectent ces protéines étrangères et libèrent des grains d’histamine.
Résultat : rougeur, gonflement, démangeaisons. Les vaisseaux deviennent plus
perméables, ce qui laisse affluer encore plus de cellules immunitaires. Pourquoi
certains gonflent beaucoup plus que les autres ? La variabilité est énorme. Une
vaste étude génétique menée auprès de plus de 84 000 personnes montre que les
réactions vont de la petite bosse quasi invisible à de larges plaques très
enflées, et qu’elles peuvent évoluer au fil des années. Les premières
expositions à une espèce donnée donnent souvent des réactions plus fortes, qui
s’atténuent avec le temps, un peu comme une désensibilisation. Les enfants,
moins souvent piqués, réagissent donc souvent plus intensément, tout comme un
adulte qui rencontre en voyage une espèce inconnue. La génétique et
l’hypersensibilité individuelle entrent aussi en jeu, avec un rôle probable des
anticorps IgE, impliqués dans les allergies. Dans le syndrome de Skeeter, le
gonflement s’étend largement autour de la piqûre, apparaît en quelques heures
et peut durer une à deux semaines.
De la démangeaison
aux virus : quand la salive ouvre la porte
Les mêmes ajustements immunitaires qui donnent le bouton qui
gratte peuvent aussi aider certains agents infectieux à s’installer. Des
recherches indiquent que des virus comme la dengue, le Zika ou le virus du Nil
occidental se propagent plus facilement dans l’organisme lorsqu’ils sont
injectés avec la salive que seuls. Dans le cas du paludisme, une étude chez
l’enfant a même montré que le parasite Plasmodium falciparum modifie les odeurs
corporelles, rendant les personnes infectées plus attirantes pour les
moustiques. En pratique, si vous réagissez fort, appliquer rapidement une
compresse froide limite le gonflement, puis un antihistaminique oral ou une
crème corticoïde légère réduit démangeaisons et inflammation. Mieux vaut éviter
de se gratter pour ne pas surinfecter la peau. Fièvre, douleur croissante,
rougeur qui s’étend de jour en jour ou doute avec une infection justifient une
consultation médicale.
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