TROIS ÉCHANGEURS POUR DÉSENGORGER COCODY : LE FINANCEMENT JAPONAIS SOULÈVE DES QUESTIONS
La Côte d’Ivoire et le Japon ont officialisé, le 4 novembre
2026, un financement additionnel pour trois échangeurs à Abidjan. Présentée
comme une avancée majeure pour la mobilité urbaine, l’opération appelle
toutefois une clarification sur la nature exacte des fonds mobilisés.
La ministre d’État Nialé Kaba et l’ambassadeur du Japon,
Junji Gomakubo, ont procédé à un échange de notes en présence du ministre des
Infrastructures et de l’Entretien routier, Yacouba Hien Sié.
Le financement concerne trois échangeurs situés aux
carrefours de l’École de police, de Riviera 3 et de la Riviera Palmeraie, sur
le boulevard François-Mitterrand.
UN AXE ROUTIER SOUS PRESSION
Ces intersections figurent parmi les points sensibles de la
circulation entre Cocody et Bingerville. Plus de 70 000 véhicules
emprunteraient quotidiennement cet axe, selon les données du projet.
Les ouvrages doivent améliorer la fluidité du trafic,
réduire les temps d’attente et faciliter les déplacements des particuliers
comme des transporteurs.
Le projet est déjà engagé. Le nouvel accord vise à soutenir
la poursuite des travaux plutôt qu’à lancer trois chantiers entièrement
nouveaux.
DON OU PRÊT, UNE CLARIFICATION NÉCESSAIRE
Les communications ivoiriennes évoquent un financement
d’environ 44 milliards de FCFA, tandis que d’autres publications avancent 48,4
milliards.
Les informations relatives à l’accord japonais mentionnent
cependant un prêt concessionnel de 12,252 milliards de yens, assorti d’un taux
annuel de 0,80 %, remboursable sur quarante ans avec dix ans de différé.
Cette distinction est essentielle. Un prêt, même avantageux,
représente un engagement financier pour l’État, contrairement à un don.
Une communication harmonisée sur le montant, la nature du
financement et ses conditions permettrait d’éclairer les contribuables.
LES AUTOMOBILISTES ATTENDENT DES RÉSULTATS
Au-delà des annonces, les usagers attendent une amélioration
mesurable de leurs déplacements.
La réduction des embouteillages dépendra de l’achèvement des
ouvrages, de la gestion des voies d’accès et de l’organisation globale du
trafic.
La publication du calendrier actualisé, des coûts définitifs
et de l’avancement des travaux contribuerait à renforcer la transparence.
Pour les Abidjanais, la réussite de ces investissements ne
se mesurera pas au montant annoncé, mais au temps réellement gagné sur les
routes.
Noelle Rabe

