Assemblée nationale : Vers la disparition du groupe parlementaire AGIR
Le départ annoncé d’Antoine Kangah pourrait faire passer le
groupe parlementaire AGIR sous le seuil requis pour conserver son statut. Des
proches du député évoquent des pressions et alimentent les interrogations sur
l’implication du RHDP. Le groupe parlementaire AGIR se retrouve dans une
situation délicate à l’approche de l’ouverture de la deuxième session ordinaire
de l’Assemblée nationale, prévue le 1er octobre. Avec huit députés, le groupe
atteint tout juste le seuil nécessaire à sa constitution. Le départ annoncé
d’Antoine Kangah pourrait ramener son effectif à sept et, par conséquent,
menacer son existence en tant que groupe parlementaire. La démission de Kangah
d’AGIR est confirmée par plusieurs membres du groupe. Le député de M’Batto a,
depuis, rejoint le RHDP, après avoir quitté le PPA-CI, dont il était ancien
secrétaire général adjoint. C’est dans ce contexte que des proches de l’élu
affirment qu’il aurait subi des pressions pour quitter AGIR. Des accusations
qui, pour l’heure, ne sont pas officiellement confirmées par le RHDP.
Un départ aux
conséquences importantes
Au-delà du cas personnel d’Antoine Kangah, son départ
pourrait avoir une conséquence directe sur l’organisation de l’Assemblée
nationale. Avec sept députés, AGIR passerait sous le seuil requis pour constituer
un groupe parlementaire. Créé autour de députés issus de sensibilités diverses,
le groupe constitue notamment un cadre d’organisation pour des élus
indépendants souhaitant coordonner leurs interventions et défendre
collectivement leurs positions. Sa disparition éventuelle réduirait ainsi le
nombre de groupes parlementaires disposant d’un cadre organisé au sein de
l’hémicycle.
Le précédent Parfait
Traoré
Cette situation rappelle les difficultés rencontrées par
AGIR lors de sa constitution. Pour atteindre le seuil des huit députés, ses
initiateurs avaient notamment sollicité Parfait Traoré, député de M’Bahiakro. Celui-ci
avait finalement renoncé à rejoindre le groupe pour intégrer une autre
formation parlementaire. Selon des membres d’AGIR, ce choix aurait été effectué
dans un contexte de fortes pressions politiques. Face à ce désistement, le
PDCI-RDA avait finalement mis l’un de ses députés à la disposition d’AGIR afin
de permettre au groupe d’atteindre le nombre requis. Le précédent nourrit
aujourd’hui les interrogations autour du départ d’Antoine Kangah.
Le RHDP au centre des interrogations
Le ralliement de Kangah au RHDP donne évidemment une
dimension politique particulière à son départ d’AGIR. La question qui se pose
désormais est de savoir si cette décision relève uniquement de son choix
politique ou si elle s’inscrit dans une recomposition plus large des groupes
parlementaires. À ce stade, aucun élément public ne permet d’établir que le
RHDP chercherait à provoquer la disparition d’AGIR. Mais les déclarations de
proches de Kangah sur d’éventuelles pressions, ajoutées au précédent de Parfait
Traoré, entretiennent les interrogations. Certains membres d’AGIR, notamment
Stéphane Kipré et Léandre Koffi, se sont par ailleurs régulièrement exprimés de
manière critique sur l’action gouvernementale. Leurs prises de position
alimentent également les débats sur les rapports entre le groupe et la majorité
parlementaire.
Une rentrée
parlementaire très attendue
La deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale, qui
s’ouvre le 1er octobre, devrait permettre d’y voir plus clair sur l’avenir du
groupe parlementaire AGIR.Si le départ de Kangah est définitivement acté et
qu’aucun autre député ne vient renforcer le groupe, AGIR pourrait perdre son
statut. L’enjeu dépasse toutefois le seul nombre de députés. Il concerne
également la place accordée aux différentes sensibilités politiques au sein de
l’hémicycle. Le RHDP conservant sa majorité parlementaire, une éventuelle
disparition d’AGIR ne modifierait pas le rapport de forces. Elle pourrait en
revanche modifier la configuration des groupes et les modalités d’expression collective
de certains députés. À quelques jours de la rentrée parlementaire, une question
demeure donc : AGIR est-il simplement victime d’une recomposition politique ou
son affaiblissement est-il lié à des pressions exercées en faveur de la
majorité ? Pour l’heure, aucune confirmation officielle ne permet de trancher
cette question.
Noëlle Rabe

